Zola et la déchéance d’une famille sur cinq générations – le roman des origines #1

Zola et mon amour des descriptions interminables…

L’été dernier j’ai renoué avec un auteur que j’aime beaucoup mais qui fut abandonné un peu malgré moi après le Lycée. Je dois avouer qu’en achetant dans ma librairie indépendante préférée le premier tome du cycle des Rougon-Macquart de Zola, j’ai avant tout été attirée pour sa couverture. Je suis extrêmement sensible à ce genre de détail, tout comme aux packaging des produits que j’achète et utilise, et c’est donc tout naturellement qu’il est arrivé au sommet de mon immense pile de livres à lire – ou PAL pour les intimes. Et je ne regrette absolument pas mon choix, moi qui adore les romans aux longues descriptions tels ceux de Dickens. (Par contre n’essayez pas de me mettre un Rousseau entre les mains sous peine de vous prendre une Encyclopédie conséquente en plein vol ! Il y a des limites à la description tout de même ! )

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Vous résumer cette immense œuvre serait bien fastidieux, je me contenterai donc de n’en donner que les grandes lignes. Les Rougon-Macquart, sous titré Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire, est constitué de vingt romans écrits par Émile Zola entre 1871 et 1893. Autant dire qu’il n’a pas chômé ! Et comme vous l’aurez compris, les héros de ces romans qui personnifient l’Empire seront décortiqués méticuleusement sous la plume naturaliste de l’auteur. L’on y assistera à l’étude de la déchéance et des tares héréditaires d’une famille de Plassans sur cinq générations sur un fond historique très riche et détaillé.

La Fortune des Rougon, le premier tome de ce cycle, est décrit dans la préface comme étant le roman des origines marquant le début de la généalogie regroupant les famille Rougon et Macquart. Adélaïde Fouque, empreinte à des accès d’hystérie, fût mariée au jardinier Rougon dont elle eut un fils, Pierre Rougon. Une fois veuve elle se mit en concubinage avec l’ivrogne Macquart qui lui donna une fille et un fils, Ursule et Antoine Macquart. A la fin du roman, enfermée dans un asile après qu’elle eut vécu dans un dénuement total alors dépouillée de sa fortune par son premier fils, ses enfants donneront les trois branches de la famille :

  • les Rougon (avec Pierre) : avares et diaboliques, ils profiteront du coup d’État pour prendre le pouvoir de leur commune
  • les Mouret (avec Ursule) : fragiles mentalement
  • les Macquart (avec Antoine) : mêlant la folie et l’ivrognerie de leurs aïeux

Mais La Fortune des Rougon est surtout la toile de fond d’une histoire d’amour entre Silvère Mouret, le fils d’Ursule, et Miette, fille de bagnard. Ils participeront à la Résistance pendant le coup d’État de 1851 et seront tués sous les yeux d’Adélaïde Fouque qui en deviendra folle. Ici sont posées les fondations de ce qui sera le drame de toute une famille.

Alors oui, je vous l’accorde, comme cela c’est peu engageant, voire même (un peu) sacrément complexe. Cependant je peux vous affirmer que le style de ce roman et sa façon de nous faire languir et de nous tenir perpétuellement en haleine sont fabuleux et vous font le lire plus rapidement que vous ne l’auriez imaginé. Pour ma part, en deux semaines de vacances il était plié. Il s’agit au début de s’imprégner de la généalogie afin de ne pas être perdu. En cela les descriptions très détaillées de la famille ainsi que la présence d’un arbre généalogique vous permettront de vous y retrouver plus facilement. Il faut en fait voir ce premier tome comme une introduction à la dégénérescence dune famille et une fois les premières difficultés passées tout deviendra plus limpide. Vous pourrez vous laisser emporter dans cette histoire terrifiante aux descriptions anatomiques doublées d’un réalisme glaçant.

J’ai personnellement était subjuguée par La Fortune des Rougon qui m’a rappelé à quel point j’aime Zola. Cette œuvre est magnifiquement poignante et vous donne envie d’en savoir toujours plus, vous donne l’espérance que les choses finiront par s’arranger et finalement vous pousse à ouvrir La Curée pour le commencer sans tarder. Chose que j’ai faite il y a peu ! Et je peux d’ores et déjà vous dire que j’apprécie énormément que dans cet ensemble éclaté que forme ce cycle de Zola où en changeant de tome l’on passe d’une branche de la famille Rougon-Macquart à une autre, chaque roman semble faire échos aux autres. Afin que vous ayez l’impression de lire toujours une autre histoire sans vous lasser mais que vous ne soyez jamais perdus et puissiez participer activement à l’analyse des tares héritées de cette famille.

Vous pouvez retrouver La Fortune des Rougon (1871) au prix de 5,13 euros sur Amazon avec la livraison gratuite.

Ainsi que les dix-neuf autres romans du cycle des Rougon-Macquart : La Curée (1872), Le Ventre de Paris (1873), La Conquête de Plassans (1874), La Faute de l’abbé Mouret (1875), Son Excellence Eugène Rougon (1876), L’Assommoir (1877), Une Page d’amour (1878), Nana (1880), Pot-Bouille (1882), Au Bonheur des Dames (1883), La Joie de vivre (1884), Germinal (1885), L’Œuvre (1886), La Terre (1887), Le Rêve (1888), La Bête humaine (1890), L’Argent (1891), La Débâcle (1892), Le Docteur Pascal (1893).

Carnet Féminin

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