A Scanner Darkly par Richard Linklater

Film américain de 2006, présenté la même année à la 59ème édition du Festival de Cannes et au Festival du Film Américain de Deauville.

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Résumé : « Que voit un scanner ? Dans la tête ? Dans la cœur ? Tiré d’un roman de Philip K. Dick – véritable légende de la science-fiction dont plusieurs œuvres ont déjà été adaptées au cinéma pour des films cultes comme Blade Runner, Total Recall et Minority Report – voici A Scanner Darkly, porté à l’écran par le réalisateur Richard Linklater avec un nouveau graphisme original et acéré.

L’époque : un futur proche. Le lieu : la banlieue américaine. L’histoire : le récit tordu et drôle d’une bande d’amis accros à la Substance D. [= « Substance Death » / « Substance Mort »] Et d’un gouvernement qui détruit allégrement ses citoyens (leurs droits, leurs relations) pour les sauver. Robert Downey Jr., Woody Harrelson, Winona Ryder et Rory Cochrane incarnent ces amis défoncés qui ont une peur bleue les uns des autres et des espions. Keanu Reeves interprète un espion qui fait aussi parti de la bande… jusqu’à ce que ses deux personnalités commencent à se dédoubler.

Laissez-vous emporter par la paranoïa. Personne ne vous regarde. Juré ! »

La technique employée : Le film est animé à partir d’une technique tout à fait étonnante datant des années vingt, la rotoscopie, créée par Graham Reynolds. Il s’agit de filmer puis de projeter la bande sur une table de dessin, image par image, et de redessiner personnages et décors. Cette technique est ici reproduite sur ordinateur grâce au logiciel Rotoshop de la firme Linklater. Cela donne un rendu du mouvement très fluide et donc aussi très réaliste.

Le but de cette technique est avant tout d’induire un certain flou intellectuel qui est ici parfaitement adapté au sujet principal du film, la drogue. Elle perturbe notre vision dans un va-et-vient très perturbant entre le vrai et le faux, sans qu’aucune délimitation ne soit jamais vraiment posée.

Le traitement des couleurs est aussi très particulier ce qui donne des passages qui ne sont pas toujours agréables à regarder et qui ont pour effet principal la déréalisation.

Ce que je retiens avant tout de cette technique comme elle est employée dans ce film, c’est qu’elle nous conditionne totalement. Du début jusqu’à la fin du film, on lutte contre la rotoscopie, on ne s’y adapte pas. Nous sommes perpétuellement stimulés, à l’image d’un cerveau halluciné par la drogue.

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A Scanner Darkly est tout d’abord un film sur les ravages de la drogue. Mais un film complexe, entre angoisse, paranoïa et dialogues sous stupéfiants hilarants d’absurde. Cette adaptation du roman de science-fiction éponyme de Philip K. Dick (Substance Mort en français) est ici moins une retranscription d’un univers SF qu’une plongée dans l’univers de la drogue et des ravages psychologiques qu’elle provoque. Il y a notamment un jeu très intéressant dès les premières minutes du film sur le dédoublement de personnalité, qu’il soit voulu (Bob Arctor / Fred : le policier infiltré dans un groupe de toxicomanes, membre d‘une brigade des stupéfiants, qui devient consommateur / la combinaison holographique aux multiples visages qu‘il revêt pour les besoins de son travail) ou subit (hallucinations dues à la drogues, pertes d‘identité et de repères). L’on assiste alors à une multiplication des points de vue qui aboutit à une sorte de paranoïa emboîtée et poussée à son extrême.

J’ai vraiment adoré voir ce film qui ne m’a pas du tout laissé indifférente. Il est terriblement et irrésistiblement perturbant et nous tient en haleine jusqu’à la fin. Impossible de tout comprendre sans voir le film jusqu’à son final vraiment inattendu (et encore, une deuxième vue peut-être nécessaire), mais que je ne dévoilerai pas ici. Toutefois, j’ai trouvé le film moins grave que le livre qui est vraiment très dur à lire. Mais il en reprend tout de même nombre de dialogues totalement hilares.

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Petit bonus pour les amoureux de musique : La bande originale du film créée par Graham Reynolds comprends cinq titres de RADIOHEAD ! (#JOIE) ! Une raison supplémentaire pour se laisser (re)tenter !

Distrubution :

  • Keanu Reeves (V. F. : Jean-Pierre Michael ) : Bob Arctor / Fred
  • Robert Downey Jr. (V. F. : Bernard Gabay ) : Barris
  • Winona Ryder (V. F. : Claire Guyot ) : Donna
  • Woody Harrelson (V. F. : Philippe Vincent ) : Luckman
  • Rory Cochrane (V. F. : Tanguy Goasdoué ) : Charles Freck
  • Sean Allen (V. F. : Emmanuel Jacomy ) : Fred
  • Mark Turner (V. F. : Patrick Floersheim ) : Hank
  • Mitch Baker (V. F. : Pierre Tessier ) : l’annonceur
  • Steven Chester Prince (V. F. : Bruno Dubernat ) : l’agent de police
  • Angela Rawna (V. F. : Dorothée Jemma ) : le scientifique no 1
  • Chamblee Ferguson (V. F. : Nicolas Marié ) : le scientifique no 2

Second petit bonus : la scène du vélo sous Substance D. (et pardon par avance pour la VF…)

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